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Quatre jeunes yeux hantent ma vie.
Deux bruns, deux bleus.
Les premiers sont grands et moqueurs. Ils sont fragiles. Ils ont eu peur. Ils tremblent encore. Ils ont pleuré.
Les seconds sont en amande et coquins. Ils sont arrogants. Fiers. Secrets. Ils jugent le monde. Ils ont crié. Ils me regardent en silence. Fixement.
Je vois les tendres visages qui les entourent.
Mes mains sentent encore leurs cheveux.
Je revois leurs larmes. J’entends leurs voix. Leurs cris. Je serre dans le vide leurs frêles poitrines et j’écoute, déchiré, les pulsions de leurs cœurs blessés à jamais.
Charlotte, ma petite, de ma prison, mes « je t’aime » ne te parviennent pas, mais mon âme dort chaque nuit à tes côtés.
Antoine, mon gamin, tes sept ans cherchent en vain l’exemple d’un papa, mais un jour je serai à nouveau à tes côtés pour affronter le destin de ta vie si mal entamée à son aurore.
Mon sang coule dans vos veines : puisse le ciel vous aider à ne jamais devoir en rougir.
Mon sang. Son sang. Tout ce sang versé parce qu’une nuit trop chaude, j’ai cru qu’on vous m’avait volés.
Petits, il me faut maintenant payer. Je vais ramper. Je vais crever. Je vais pleurer, mais je reviendrai.
Oui, je reviendrai.
Pour vous aimer.
Et plus personne ne pourra m’en empêcher.
Personne.
Juré.



Dominique