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C’est quotidiennement qu’en prison je prends conscience que tout mal accompli a un effet considérable parce que l’homme est un être social et qu’il ne peut vivre sans les autres.
Le vendredi saint est pour moi, aumônier de prison, un moment symbolique qui me rappelle combien le pardon ouvre à une promesse de vie.
Tout qui se retrouve privé de sa liberté, vit, dans la dimension de l’intériorité, le drame de la rupture.
Si ce drame surgit à la conscience essentiellement par le regard de la Justice, il y a, pour celui qui le vit, l’aspiration de retrouver une harmonie qui résulte du triomphe des forces de vie et non des forces de mort qui sont une émanation de l’action du mal.
Si le chemin de cette harmonie originelle passe par le travail du mythe, l’aumônier de prison est porteur d’un regard qui ouvre à une promesse de vie.
Il représente comme quelqu’un qui vient avec une présence et un témoignage qui sont porteurs d’une source, le Dieu de Jésus-Christ, le Dieu d’amour et de tendresse.
Le vendredi saint est ce moment symbolique qui me rappelle la voie d’un avenir possible, d’un salut possible pour tout homme, qui qu’il soit et quoi qu’il ait fait.
Le vendredi saint, c’est la brèche dans l’absurde, le non sens et la fatalité car je ne peux penser à la mort du Seigneur sans penser à la joie de la résurrection.
Par le vendredi saint, Jésus me fait comprendre que le pardon est le plus grand ennemi du mal. Non pas le pardon comme oubli mais le pardon comme moyen d’être restauré dans un avenir et un salut d’éternité.
Par sa mort sur le bois, Jésus n’a-t-il pas donné force au Bien en éliminant définitivement par sa résurrection la possibilité au Mal de prendre figure ?
Oui, le vendredi saint me rappelle, mais rappelle aussi à la conscience collective du peuple chrétien, qu’il nous faut offrir un don d’avenir au-delà de l’offense pour contrer continuellement l’action du Mal. C’est ce don d’avenir qui permet à tout homme de faire échec à la dé-liaison.
C’est ce don d’avenir qui m’est offert par le Seigneur par sa mort et sa résurrection.


Alain Poncelet