Your browser version is outdated. We recommend that you update your browser to the latest version.

AUMÔNERIE

CATHOLIQUE

FRANCOPHONE

DES PRISONS

 

de BELGIQUE



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Sommaire

 

*  Un rapport émis par la Concertation des Associations Actives en Prison (CAAP) dévoile les manques de moyens et une incohérence criante des services de soutien aux détenus.

Lire l'information

 

--------------------------

*  A la prison romaine de Rebibbia, où il célébrait la messe du Jeudi Saint, le pape a lavé les pieds de douze prisonniers, six hommes et six femmes de divers pays, devant une assemblée recueillie de détenus et de policiers.

 

Lire l'information

 

-----------------------------

 

* « Si le bracelet électronique ne sert qu’à désengorger les prisons, cela n’a aucun intérêt », déclare Rachid Madrane.

Lire l'interview 

-------------------------------

* Osons le débat sur le rôle de la prison... Une opinion de Ozlem Özen et Karine Lalieux, députées fédérales PS.

Lire le texte

--------------------------------

* À la suite de déclarations de responsables musulmans, invoquant, après les attentats contre Charlie Hebdo, le manque de moyens des aumôniers de prison musulmans, les aumôniers catholiques précisent leurs conditions d’exercice de leurs fonctions.

Lire l'information

-----------------------

* Un intéressant dossier intitulé Foi et vie carcérale est publié dans la revue Pastoralia de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles.    

Lire la présentation et accéder au dossier

------------------------

* Le ministre de la Justice s’engage à améliorer la situation sanitaire dans les prisons.

Lire l'information

 

--------------------------------------------------------------------------

 

La réinsertion des détenus compromise par des services d'aide incohérents

Dans Le Guide social du 22/04/15

 

Un rapport émis par la Concertation des Associations Actives en Prison (CAAP) dévoile les manques de moyens et une incohérence criante des services de soutien aux détenus.

Alors que la Belgique s’affiche comme mauvaise élève quant à la réinsertion et la prévention de récidive de ses détenus, l’analyse de la CAAP met à jour la situation catastrophique des services d’aide en prison.

Une offre largement insuffisante

Le rapport de la CAAP, détaillant cette étude effectuée sur la période du 1er juillet 2013 au 30 juin 2014, rappelle que les services d’aide aux détenus dans les prisons belges incombent à la responsabilité du fédéral. En dépit d’un grand nombre de services proposés, une analyse des chiffres révèle que l’ensemble des acteurs sociaux et médicaux employés sur le terrain sont bien trop peu nombreux par rapport au nombre des détenus en droit de les solliciter.

Malheureusement, ce déséquilibre entre l’offre et les besoins se constate sur tous les secteurs d’activités, et notamment les formations essentielles à la réinsertion professionnelle et sociale : " La formation, souvent présentée comme la clé de la réinsertion, n’est pas mieux lotie. Alors que 75% des détenus n’ont aucune qualification, il n’y a de places en formation générale que pour 16% de la population carcérale. C’est encore pire pour la formation professionnelle avec des places disponibles pour seulement 6,8% des détenus"  , apprend-on dans le communiqué de la CAAP. Une situation qui est en passe de s’aggraver, alors que le gouvernement prévoit de nouvelles coupes budgétaires des allocations pour suivre des études en centre pénitentiaire..

De graves manquements en santé physique et mentale

Une étude récente démontrait qu’en Belgique, les détenus placés sous surveillance électronique sont moins sujets à la récidive que ceux purgeant leur peine en prison. En cause probable, le manque de soutien psychologique dans les prisons. Un constat alarmant, d’autant plus que l’étude de la CAAP pointe du doigt une insuffisance catastrophique des services d’aide psychosociale derrière les barreaux : " on compte parfois un psychologue pour plus de 700 détenus et les délais d’attente peuvent dépasser les 12 mois ", estiment les spécialistes. Le rapport prend notamment l’exemple de la prison de Jamioulx, qui ne compte qu’ 1 ETP pour le suivi social et 1/2 ETP pour le suivi psychologique de 339 détenus.

Les services de promotion de la santé sont, eux aussi, bien loin du compte. Pour l’ensemble de 5.795 détenus des centres pénitentiaires de Wallonie, on ne compte que 8,25 ETP des acteurs de santé. D’une prison à une autre, l’on constate aussi une grande disparité des services santé proposés :

 14 prisons sur 17 proposent un service de promotion santé et prévention

 9 prisons proposent des services d’aide aux toxicomanes

 9 prisons proposent des services d’aide aux alcooliques

 4 prisons proposent des services de santé mentale

Un problème de taille, alors que la population carcérale est particulièrement sensible aux troubles mentaux divers, et souffre, du fait de la surpopulation et de conditions de vie souvent déplorables, d’une forte expositions aux maladie infectieuses.

Pas de cohérence globale des services d’aide aux détenus

En raison de ces inégalités des services d’aide proposés dans chaque prison, il est impossible pour les détenus de bénéficier d’un suivi cohérent. A la suite d’un transfert, «  un parcours initié là peut être interrompu du jour ou lendemain, ce qui met à mal tous les efforts effectués par les acteurs professionnels et par les détenus eux-mêmes  », souligne le rapport.

Pour la CAAP, c’est un manque de reconnaissance global de l’importance de l’accompagnement en milieu carcéral. Le rapport déplore un manque d’information, mais aussi de locaux et d’accessibilité aux bâtiments pour les acteurs sociaux dans les centres pénitentiaires. Le problème, c’est si le travail des associations en prison est reconnu par le plan de détention de 2005, il manque encore des arrêtés d’application pour doter ces services d’un cadre d’objectifs et de coordination.

 

Florence Monnoyer de Galland

 

Retour au sommaire

 

--------------------------------------------------------------------

 

Le pape François lave les pieds de détenus pour se faire « esclave »

A la prison romaine de Rebibbia, où il célébrait la messe du Jeudi Saint, le pape a lavé les pieds de douze prisonniers, six hommes et six femmes de divers pays, devant une assemblée recueillie de détenus et de policiers.

La Croix, 2 avril 2015

 

Sous de longs applaudissements, l’assemblée tant masculine que  féminine a accueilli le pape François venu célébrer dans la petite église « Padre Nostro » de la prison romaine de Rebibbia la messe du Jeudi Saint. C’est la deuxième fois depuis le début de son pontificat que l’évêque de Rome réserve à un centre carcéral l’une des plus importantes célébrations de l’année liturgique, qu’accueille traditionnellement sa cathédrale, Saint-Jean-de-Latran.

Malgré un retard d’une vingtaine de minutes, le pape a salué des mains et embrassé des petits enfants en remontant vers l’autel, contrairement à son habitude dans la basilique Saint-Pierre. Auparavant, à son arrivée dehors, il a remercié au micro la foule pour son accueil chaleureux. A la sortie, son bain de foule sera plus long et chaleureux encore. Le pape, arborant un large sourire, s’est laissé embrasser, enlacé par des bras tatoués tandis que d’autres tiraient sur son aube.

Dans cette église toute de briques, au mur, derrière l’autel, décoré de deux icônes, il a présidé une célébration simple, à l’image de tant d’églises paroissiales. Au fond, des policiers en uniforme assistent à l’office debout, comme un rappel de la surveillance du lieu.

Six hommes et six femmes

Moment le plus émouvant de cette liturgie, le pape, à genoux, drapé d’un linge blanc, a lavé, un à un, les pieds de douze détenus, à parité hommes et femmes, celles-ci provenant d’une prison voisine. Ces douze, nombre qui reprend celui des disciples dont le Christ a lavé les pieds avant sa Passion, provenaient de divers pays : parmi les femmes, deux sont du Nigeria, une du Congo, une autre de l’Equateur. Chez les hommes, un vient du Nigeria, un autre du Brésil.

L’une des femmes africaines portait un petit sur les genoux, dont le pape a lavé aussi le pied et embrassé avec délicatesse, comme à tous. Sa jeune voisine s’est laissé faire, à son tour, en larmes. Après elle, l’homme à ses côtés a saisi les mains du pape pour les porter sur sa tête pour les embrasser et être béni.

 « Esclave de vous »

 Auparavant, le pape François a improvisé une brève homélie pour rappeler, d’une voix douce, que ce geste du lavement était au temps de Jésus accompli par des esclaves. « Il s’est fait esclave pour servir », a-t-il souligné, invitant à prier pour que lui aussi – le pape- soit lavé et devienne « esclave de vous ». Il a signalé que son geste s’adressait à tous.

Comme en écho à son homélie à la messe chrismale, célébrée le matin en la basilique Saint-Pierre, le pape a répété que « Jésus ne se fatigue pas d’aimer, ni de pardonner ». S’adressant directement aux détenus, il a rappelé : « Jésus t’aime, sans limite, jusqu’au bout ». Il a insisté sur cet amour sans bornes pour chacun : « Son amour est ainsi personnel ».

La messe s’est poursuivie par la célébration eucharistique, dont le Jeudi saint remémore l’institution. Un récent mort de la prison a été évoqué au cours de la prière autour de l’autel, sur lequel étaient posés des calices de facture moderne. L’assemblée a participé avec recueillement. Au moment du baiser de paix, des détenus ont serré les mains de policiers.

Selon l’aumônier de Rebibbia, le père Sandro Spriano, cité par Radio Vatican, la venue du pape est « le signe de l’attention que l’Église de Rome accorde à l’univers carcéral et cela touche beaucoup les détenus, qui se sentent ainsi fils de Dieu, aimés par l’Église et par le pape. »

Jean-Paul et Benoît XVI

 Cette prison au nord-est de l’agglomération romaine, qui a le triste record de suicides en Italie, a déjà reçu la visite d’autres papes. Jean-Paul s’y était rendu en 1983 rencontrer Ali Agça, l’homme turc qui avait tenté de l’assassiner. Benoît XVI y est allé à son tour en 2007 et 2011, se livrant à une séance de questions-réponses avec des détenus.

Au tout début de son pontificat, François avait célébré le Jeudi saint dans une autre prison romaine, celle pour mineurs de Casal del Marmo. L’année dernière, il l’avait célébré dans un centre de réhabilitation neuromotrice et d’accueil pour personnes âgées en difficulté.

Sébastien Maillard (à Rome)

 

Retour au sommaire

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------

 

« Si le bracelet électronique ne sert qu’à désengorger les prisons, cela n’a aucun intérêt. »

 

Depuis le 1er janvier, la Fédération Wallonie-Bruxelles accueille en son sein le personnel des maisons de justice avec des missions et des moyens supplémentaires. Un défi de taille pour Rachid Madrane comme pour les 650 assistants de justice.

 

Par Pierre Jassogne, dans Alter Échos du 15 janvier 2015

 

Alter Échos : Vous avez fait le tour des maisons de justice. Les inquiétudes du personnel, quant au transfert de compétences, restent nombreuses. Quelles garanties apporterez-vous ?

 

Rachid Madrane : Les assistants de justice me disent que leurs dossiers augmentent de façon significative ces dernières années comme leurs maisons. Qui  dit plus de missions, dit plus de boulot. D’un arrondissement à  l’autre, les types de missions sont différents. Par exemple, à Charleroi, on constate une augmentation importante d’infractions de roulage, d’où de nombreux travaux d’intérêt général. Dans d’autres arrondissements, les assistants sont confrontés à d’autres réalités. Pour permettre aux maisons de justice de conserver le volet humain de la justice, j’ai pu assurer l’engagement de 23 personnes en 2015, réparties dans différentes maisons de justice. À cela s’ajoute du personnel supplémentaire au sein de la direction générale. Ensuite, j’ai pu constater, comme à Nivelles, que les assistants travaillaient dans des bâtiments exigus et vétustes. Là aussi, on va mettre des moyens. Le budget pour les maisons de justice  sera porté à 74 millions d’euros en 2015. En outre, et contrairement à d’autres administrations,  les maisons de justice ne seront pas touchées par la mesure qui consiste à ne remplacer qu’un seul fonctionnaire pour cinq départs.

 

A.É. : Quelles seront les nouvelles missions confiées aux maisons de justice ?

 

R.M. : À partir du 1er janvier, les maisons de justice s’occuperont du service d’aide aux détenus, aux justiciables et aux victimes. Elles assureront aussi l’accueil juridique de première ligne, les espaces-rencontres ou la section des mineurs dessaisis de Saint-Hubert. Notre volonté était de rassembler l’ensemble du secteur dans une seule entité de manière à avoir une politique plus cohérente. Seulement, le risque est de voir cette cohérence détricotée par le fédéral parce que des décisions pourront impacter directement le fonctionnement des maisons de justice. Par exemple, le fédéral voulait la probation comme peine autonome au 1er décembre 2014. On a demandé au fédéral qu’il reporte cette décision d’un an. Cela a été accepté à l’unanimité. Mais à l’avenir, je veux activer des conférences interministérielles Justice-maisons de justice pour éviter certaines hérésies de ce genre.

 

A.É. : Vous avez aussi dans vos compétences l’utilisation du bracelet électronique. Cette peine alternative a souvent défrayé la chronique. Matériel défaillant, accompagnement insuffisant…

 

R.M. : Si le bracelet électronique ne sert qu’à désengorger les prisons, et mettre la charge sur les entités fédérées, cela n’a aucun intérêt. De notre côté, on veut miser sur l’accompagnement social car ce n’est pas parce qu’on maintient une personne chez elle à la maison avec un bracelet qu’on a résolu la question de la violence. Il faut des assistants supplémentaires, donner du sens à ce bracelet, sans tomber dans la politique du chiffre comme on l’a vu dans le passé au fédéral.

 

A.É. : Vous avez l’intention de créer, comme au Québec, des maisons de transition pour les détenus. De quoi s’agit-il ?

 

R.M. : L’idée, c’est de créer  un sas pour le détenu, sur une base volontaire, au moment de sa sortie de prison. Il existe beaucoup de dispositifs dans la prison et bien après la prison. Mais dès que la porte se referme, il n’y a rien. J’ai donc envie de m’inspirer de ce qui se fait au Québec pour créer un hébergement temporaire pour des détenus qui n’auraient personne pour les accueillir, pour leur donner les moyens de base afin de leur permettre de se reconstruire administrativement. Mon objectif, c’est de miser sur la réinsertion. C’est un discours qui passe mal au sein de la société, mais il faut miser sur ce type de mesures. C’est d’autant plus nécessaire quand je vois qu’au fédéral la seule volonté est d’aller en fond de peine. Cela veut dire qu’il n’y a aucune prise en charge et aucun encadrement pour le détenu, contrairement à une libération conditionnelle. Il faut aller à l’encontre de cette logique. Aider les détenus, c’est aider la société.

 

Retour au sommaire

 

--------------------------------------------------------------------------------------

 

Osons le débat sur le rôle de la prison

 

La Libre Belgique, 21 février 2015

 

 

Une opinion de Ozlem Özen et Karine Lalieux, députées fédérales PS.

 

Les prisons sont à de multiples reprises revenues dans l’actualité ces dernières semaines. Dans un premier temps, plusieurs détenus ont demandé l’euthanasie face à leurs conditions de détention, notamment l’absence de soins nécessaires et adéquats. Des actes terroristes odieux ont ensuite mis en lumière le fait que les prisons sont des lieux de radicalisation et de façon plus générale, une véritable école de la criminalité.

 

Au lieu de jouer un rôle de réinsertion du détenu dans la société, les prisons en Belgique sont devenues des lieux d’exclusion, de violence, de désespoir, des lieux insalubres, des lieux qui effacent le mot "Avenir" du vocabulaire des personnes qui les habitent.

 

Selon la pensée dominante, il n’est pas normal d’investir dans des personnes qui ont commis des crimes et délits, dans des personnes que la société abhorre, dans des personnes que la société ne veut plus voir, dans des personnes à qui l’opinion publique refuse le plus élémentaire des conforts, dans des personnes pour qui même des soins nécessaires sont jugés superflus.

 

C’est donc au personnel pénitentiaire, qui fait dans l’ensemble un travail formidable dans des conditions extrêmement difficiles, qu’il revient d’essayer de faire en sorte que les prisons soient un lieu de vie le moins pénible possible.

 

On atteint aujourd’hui un point de rupture : il est impossible de continuer à mener une politique carcérale qui amène des prisonniers à demander la mort ou qui en pousse d’autres dans les bras grands ouverts d’organisations terroristes. Il faut aujourd’hui oser ouvrir le débat sur le sens de la peine - la prison est-elle une peine utile pour tous les prisonniers ? - et sur les conditions de détention.

 

Dans cette optique, nous pointons cinq priorités.

 

  1. Il faut davantage développer des alternatives à la détention préventive. Celle-ci concerne aujourd’hui le pourcentage énorme de 40 % de tous les détenus, qui sont donc incarcérés sans avoir encore été jugés.

  2. On constate le plus souvent que, dans le cas des toxicomanes, la prison ne sert à rien, sinon à aggraver leur dépendance et, dans certains cas, leurs troubles mentaux. Il s’agit de proposer des peines alternatives comme la probation et les travaux d’intérêt général, nécessairement accompagnés d’une obligation de traiter médicalement l’assuétude.

  3. Pour éviter de transformer de petits délinquants en grands criminels, il est nécessaire de remplacer systématiquement les courtes peines de prisons par des peines alternatives, infiniment moins désocialisantes.

  4. Il faut investir davantage dans la formation et le travail en prison, pour faciliter la réinsertion des détenus une fois la peine purgée.

  5. Il faut mettre fin au scandale des annexes psychiatriques des prisons, dans lesquelles séjournent des centaines d’internés, faute de places suffisantes dans des centres de soins spécialisés.

 

La prison ne peut pas être une fin en soi : elle doit être la première étape de la réinsertion, profitable non seulement à chacun des prisonniers mais plus encore à l’ensemble de la société. La prison ne peut pas être ce trou noir sans espoir mais doit être la première pierre dans la reconstruction d’un avenir.

 

Il en va de la vie des personnes détenues mais également de la sécurité et du bien-être de toute la société. Car lorsque l’on traite un être humain en animal, il ne faut pas s’étonner qu’il se comporte en animal. Albert Camus disait : "Nous ne pouvons juger du degré de civilisation d’une nation qu’en visitant ses prisons." Au vu de l’état de nos prisons, la Belgique doit d’urgence ouvrir le débat sur son système carcéral et le sens de la peine criminelle.

 

Retour au sommaire

 

------------------------------------------------------------------------------------

 

Prison : les aumôniers catholiques français refusent une « mise en concurrence » des religio 

La Croix, 30 janvier 2015

À la suite de déclarations de responsables musulmans, invoquant, après les attentats contre Charlie Hebdo, le manque de moyens des aumôniers de prison musulmans, les aumôniers catholiques précisent leurs conditions d’exercice de leurs fonctions.

« Les aumôniers catholiques sont 632 (environ 150 prêtres, 50 diacres, 50 religieux et religieuses, 380 laïcs. Un tiers sont des femmes. Un tiers environ sont rémunérés de 20 à 100 % d’une indemnité qui n’est pas un salaire (comme pour tous les aumôniers de toutes les religions). La grande majorité est bénévole ».

Dans un document commun, daté du 16 janvier et intitulé « À propos de la lutte contre le radicalisme islamique en prison », l’Aumônerie catholique des prisons de la Conférence des évêques de France, tient à apporter « quelques précisions » après des déclarations et des articles comparant le nombre des aumôniers catholiques et musulmans, rapporté au nombre des détenus de chaque religion.  

Accompagnement spirituel

Le marrdi 27 janvier, déjà, c’est l’aumônier national des prisons de la Fédération protestante de France, Brice Deymié, qui avait estimé dans un communiqué, que cette attente de la solution miracle (NDLR : le recrutement d’aumôniers de prison pour résoudre la montée en puissance des radicaux musulmans) « méritait quelques remarques ».

Les aumôniers de prison catholiques « visitent sans a priori et sans condition toute personne qui demande à les rencontrer. Ils assurent un accompagnement spirituel pour ceux qui le souhaitent », rappelle le texte. « Par leur présence et leur disponibilité ils jouent un rôle de recours, apportent un réconfort humain et moral, une proximité, sont attentifs aux détresses les plus grandes ». Appelés à rencontrer toute personne qui les demande, ils « s’engagent à respecter les convictions et les consciences, et s’abstiennent de tout prosélytisme "

Large flou

Au-delà, l’aumônerie catholique tente d’éclairer le débat autour de la nécessité de recruter davantage d’aumôniers musulmans. « En prison, la demande religieuse est importante. C’est un lieu où la question de sens est présente, où la vacuité est importante, où la détresse intérieure est fréquente et prégnante. L’appartenance à une confession n’est généralement pas si évidente et un large flou existe sur cette question », souligne-t-elle.

Les aumôniers catholiques souhaitent également insister sur le nécessaire maintien de rapports cordiaux entre les aumôneries, et même la solidarité entre elles. « L’aumônerie catholique a toujours souhaité vivre en bonne entente avec toutes les aumôneries qui l’ont successivement rejointe. Elle a particulièrement été active pour le développement de l’aumônerie musulmane », indique-t-elle, en rappelant que « des initiatives communes peuvent être prises par des aumôneries de différents cultes ».

Mettre les religions en opposition

Au final, et dans la suite des attentats de Paris et Montrouge, « l’actualité et la pression pesant sur la prison » font courir plusieurs risques, rappelle ce service de l’épiscopat français : « faire l’impasse d’un contexte historique et lié aux conceptions de chaque religion pour expliquer des différences d’investissement ; mettre les religions en opposition ou en concurrence (nombre d’aumôniers, de pratiquants, moyens matériels…) ; laisser entendre des différences de traitement par les services pénitentiaires ; cloisonner le religieux, chacun étant réduit à s’occuper de ses propres pratiquants à l’exclusion des autres, alors que l’appartenance religieuse est floue ».

« En réalité toutes les aumôneries ont des difficultés à être respectées dans leurs missions, notamment pour l’organisation du culte (jours et horaires, matériel, locaux…) », assure l’aumônerie catholique, qui tient à réaffirmer que « dans le cadre d’une lutte contre tous les extrémistes, la présence d’une diversité religieuse, dans une ambiance de respect et de reconnaissance, apporte un élément de solution sûrement très profitable à l’isolement et à la culture identitaire ».

Anne-Bénédicte Hoffner

 

Retour au sommaire

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

 

 Un intéressant dossier concernant le monde carcéral

Pastoralia est le bulletin mensuel de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles. Dans son récent numéro de novembre 2014, il consacre un intéressant dossier au monde des prisons. Ce dossier est intitulé : Foi et vie carcérale et comporte six intervention de personnes attachées à l’aumônerie catholique des prisons ou au service des détenus.

Vous pouvez lire ce dossier en cliquant sur le lien suivant qui vous renvoie à la revue. Le dossier se trouve entre les pages 263 et 271.

http://www.catho-bruxelles.be/IMG/pdf/pastoralia_09.light.pdf

Voici l’introduction à ce dossier. Elle présente les divers articles et leurs auteurs.

 

Dossier

 

Foi et vie carcérale

 

 

Être proche des pauvres, des exclus, des prisonniers est au cœur du message chrétien. Des hommes et des femmes sont envoyés au nom du Christ auprès des personnes incarcérées pour les accompagner, les soutenir, les soulager.

 

Dans ce dossier, des personnes témoignent de leur action dans les prisons.

 

Avec Reginald de Beco nous touchons à la dure réalité des prisonniers, à la souffrance de leurs proches – en particulier des enfants – à la difficulté de retrouver une place dans la société après le passage en prison.

 

Clotilde Nyssens souligne l’importance de la solidarité vécue en prison et nous invite à la rencontre : « La relation avec le détenu enrichit celui qui ose s'y risquer ».

 

Anne-Marie Fortemps interpelle les communautés chrétiennes : inventons de nouveaux chemins de pardon et de paix pour accueillir les anciens détenus en vérité.

Saint Vincent de Paul

Jean-François Gregoire témoigne que symboliquement le temps passé ensemble, l’accès à l’aumônerie, joue le rôle de terre nourricière auprès du prisonnier et peut aider ce dernier à renouer avec la vraie liberté.

 

Martiale Ferauge-Poismans rappelle l’enjeu : redonner un sens positif à toute vie par l’écoute respectueuse. Marie-Christine d’Ursel nous relate une étonnante réalité : la Bible est à l’aise en prison.

 

Si les conditions de détention sont difficiles dans notre pays, elles sont souvent plus précaires encore sur d’autres continents. Eugène Nsanze, burundais, partage deux expériences qui ont porté du fruit au Burundi.

 

Pour l’équipe de rédaction,

Véronique Bontemps

 

 

 

Retour au sommaire

 

------------------------------------------------------------------------------

 

Le ministre de la Justice s’engage à améliorer la situation sanitaire dans les prisons

 

L’Avenir, 14 décembre 2014

 

Le ministre de la Justice Koen Geens s’est engagé dimanche à Anvers à oeuvrer pour améliorer la situation dans les prisons, à l’occasion de la remise du prix 2014 de la ligue flamande des droits de l’homme. Celui-ci a été décerné aux «personnes mortes en prison».

 

Environ 50 décès sont recensés chaque année dans les prisons belges, dont un quart de suicides. Ceux-ci concernent essentiellement les détenus en début de peine, souligne la ligue flamande des droits de l’homme. Il y a en outre un nombre élevé de tentatives qui n’aboutissent pas à une issue fatale.

 

La ligue plaide donc pour des investissements urgents dans les soins de santé des détenus et des personnes internées.

 

«Nous ne sommes effectivement pas un exemple en matière de respect des droits de l’homme dans les prisons», a concédé M. Geens. «Il est désormais de ma responsabilité de changer cette situation.»

 

Le ministre a notamment promis d’œuvrer pour une réglementation visant à permettre aux détenus de contracter une assurance santé, pour trouver d’autres manières de sanctionner, pour faire reculer le nombre de personnes en détention préventive et pour un service minimum durant les grèves.

 

Retour au sommaire

 

-------------------------------------------------------------------------------------