…et la famille ?

Les Journées Nationales de la Prison ont pour objectifs de sensibiliser, d’informer, de faire des propositions par rapport à la problématique pénale et pénitentiaire ; d’interroger sur le sens et le rôle de la prison. En 2017, le thème était : « Détenu : et la famille ? ».

 

témoignage d’un détenu de la prison de Marche…

Tu honoreras ton père et ta mère

Je m’appelle Moisès. J’ai 34 ans et je viens de passer dix-huit ans derrière des barreaux. Je suis rentré en prison alors que je n’avais que 16 ans, et avant cela, j’avais fait un an dans une prison pour mineurs. Né au Brésil, je suis un enfant adopté, mais je préfère dire « sauvé de l’enfer où je vivais ». Mes parents biologiques n’ont jamais su s’occuper de moi car ils devaient s’occuper d’abord d’eux-mêmes. Ils m’ont fait souffrir, je suis passé par des épreuves très dures, qui ont eu un impact sur moi et ma vie. Je n’étais qu’un enfant et j’aimais mes parents comme un enfant, avec innocence, mais j’étais en danger avec eux, et le Seigneur, de toute sa bonté, de toute sa miséricorde, m’a envoyé un ange sauveur : Martine, ma mère (comme Il a prévenu Joseph et Marie de fuir en Egypte afin que Jésus notre Seigneur puisse grandir et accomplir ce qui lui était destiné).
Martine m’a pris avec elle et me voilà en Belgique, à des milliers de kilomètres d’où je suis né. J’ai été accueilli dans la famille comme un membre de la famille. J’ai reçu une éducation, de l’amour, des valeurs et principes autres que ce que je connaissais. Mais j’ai déshonoré ma famille car j’avais peur qu’elle m’abandonne, et j’ai mis de l’écart entre nous, le plus possible. Alors que j’étais en prison, je me suis rendu compte de ce que j’avais lâché, mais ma famille, elle, ne m’a jamais lâché ; elle a respecté mes émotions même si cela lui faisait mal. Quand j’ai eu fini de douter, que j’ai enfin levé la tête, que j’ai vu mes voisins de cellule, seuls, sans visites, leurs familles très loin pour certains d’entre eux, je me suis rendu compte de la bénédiction que c’est d’avoir une famille, et j’ai demandé pardon à notre Seigneur Jésus-Christ parce qu’Il m’a enlevé à des êtres qui étaient perdus et me faisaient du mal, et m’a donné une famille remplie d’amour. J’ai crié : « Pardonne-moi, Seigneur, car je me suis mal conduit avec ma famille et donc avec Toi ! » « Tu honoreras ton père et ta mère » ne sont pas que des commandements. « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » ne sont pas juste des mots.
Pour moi, la famille est le symbole de la vie. Le Seigneur nous le fait comprendre dans le retour du fils prodigue. Nous pouvons tous passer par des épreuves terribles, et comme tout homme, nous ne pouvons affronter les épreuves de la vie tout seuls, car nous ne sommes pas faits comme cela. Ma famille vit la même chose que moi : quand je suis transféré, elle l’est aussi car elle se déplace pour venir me voir ; quand je suis puni, elle l’est aussi car elle est interdite de visite. Mon enfermement est son enfermement : l’un ne va pas sans l’autre. Je ne serais personne sans ma famille, et nous ne sommes rien sans le Seigneur. N’oublions pas non plus que rien n’est acquis.
Comme pour beaucoup de choses, nous nous rendons compte de ce que nous avons quand nous le perdons, d’une certaine manière, mais cela veut aussi dire que ce que l’on a sous les yeux au quotidien devient banal. Soyons heureux et remercions le Seigneur d’avoir tous les jours notre famille, notre Seigneur, la Bible, et n’attendons pas de perdre ces choses ou de nous en éloigner, mais au contraire, regardons-les tous les jours comme si c’était la première fois.

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