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AUMÔNERIE

CATHOLIQUE

FRANCOPHONE

DES PRISONS

 

de BELGIQUE



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

affiche JNP 2015affiche JNP 2015

 

Journées nationales de la prison

du 12 au 20 novembre 2016

 

 

 

            C’était en novembre 2014 : la première édition des JNP se tenait avec succès en Belgique, sur le thème “La vie quotidienne en prison”. Mobilisation des associations, impact sur le public visé, c’est à dire tout un chacun, le succès fut au rendez-vous. En novembre 2015, la deuxième édition se déroulait sur le thème « Tant de temps … ». Pour 2016, nous nous remettons au travail avec vous.

 

            Oui, avec vous, toutes les associations actives dans et autour de la prison, à travers l’ensemble du pays. Tel est notre objectif. En effet, ces Journées prennent tout leur sens si elles sont portées par les associations de terrain, selon leurs moyens et leurs inspirations. Trois outils sont à votre disposition : une affiche bilingue, un thème, un site internet. Pour le reste, c’est à dire l’activité, l’événement que vous organiserez durant la période du 12 au 20 novembre 2016 : inventivité, liberté !

 

            Le thème choisi cette année par le comité de pilotage est

la réinsertion,

autrement dit une réflexion sur les possibilités et surtout les difficultés de réinsertion sociale. 

 

 

Dans la rubrique contact vous trouverez l'aumônerie la plus proche de chez vous...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du 26 avril à fin juin 2016,

 

les prisons de Wallonie et de Bruxelles

 

ont vécu en grève

 

 

 

Quelques réactions :

 

 

 

30/05/2016 - communiqué du responsable de l'aumônerie

 

La dignité humaine en péril dans les prisons

 

L’aumônerie catholique est indignée devant ce qui se passe dans les prisons.  Les conditions de vie actuelles des détenus, déjà en surnombre, deviennent inhumaines et révoltantes. Elles ne laissent personne indifférent et nous y sommes particulièrement sensibles en cette année sainte de la miséricorde.

 La diminution du personnel des prisons, telle que la prévoit le gouvernement met à mal les conditions de travail des agents.  Les droits des détenus ne sont pas respectés : pouvoir être nourris correctement, se rendre au préau, rencontrer leur avocat et leur famille, avoir accès aux soins hygiéniques et médicaux élémentaires, à l’assistance morale et spirituelle et participer aux activités inscrites dans la loi.  Le soin des personnes détenues sur ordre de la justice est basé sur ces droits et doit toujours primer dans les prisons.  Nous assistons en ce moment, dans nos prisons, à des actes de violation des droits de l’homme.  La loi de Principes votée par le Parlement en 2005 devrait servir de référence en vue d’un service garanti à tout moment à chaque personne vivant en prison.

Le traitement humain des détenus est finalement une affaire qui concerne toute la société. C’est la condition première favorisant le processus de réinsertion. 

Les actions menées actuellement sont les conséquences logiques d’une politique de désinvestissement depuis des décennies dans les centres pénitentiaires.  Cette politique n’est pas sans conséquences pour le personnel, pour les bâtiments, mais aussi pour les détenus eux-mêmes. Des mesures pénales alternatives doivent être sérieusement accentuées en s’inspirant du modèle d’autres pays.

L’aumônerie catholique demande aux différentes autorités  belges de garantir des conditions de détention digne et en même temps à continuer à œuvrer à une amélioration indispensable du régime pénitentiaire et en particulier de garantir l’exercice de l’assistance morale et religieuse dans les prisons.

 

mai 2016.

Fernand STREBER

aumônier catholique,chef de service pour les prisons francophones.

 

 

 

 

25/05/2016 - carte blanche publiée dans La Libre Belgique

 par les aumôniers du diocèse de Liège

 

« De grâce, faites quelque chose ! C'est urgent ! »

  

            26 jours ! 26 jours que dure la grève des agents pénitentiaires dans les prisons de Bruxelles et de Wallonie ! Durant ce mois, nous avons veillé à être encore plus présents à l'intérieur des prisons de Lantin, de Huy et de Marneffe ainsi que dans l'établissement de défense sociale de Paifve. Et régulièrement, nous entendons ce cri de désespoir : « Faites quelque chose! ».

            Force est de constater de nombreuses violations de la Loi de principes concernant l'administration pénitentiaire et le statut juridique des détenus. Le préau quotidien n'est plus organisé. Dans certaines sections des prisons, le téléphone est accessible une ou deux fois par semaine, 5 minutes seulement et en matinée. L'hygiène corporelle et la propreté de la cellule sont mise à mal : les détenus de la Maison d'Arrêt de Lantin ont eu deux douches depuis le début de la grève et nettoyer sans brosse ni seau relève de l'exploit ! Les visites des familles et des amis ne sont plus possibles et des papas ne peuvent plus voir leurs enfants afin d'assurer, tant bien que mal, leur rôle parental. L'accès aux soins et aux suivis psychiatriques est devenu aléatoire, voire suspendu. Les contacts avec les avocats sont difficiles et ralentis ; le droit à la défense en est menacé. Les aumôniers et les conseillers n'ont plus la possibilité d'organiser les cultes et les activités qui sont pourtant un droit constitutionnel. Et sans parler de la dignité humaine bafouée. L'estime de soi est rabaissée au rang d'animaux. Rester seul ou en duo dans un espace de 9 mètres carré, 24 heures sur 24, ne peux que menacer le besoin vital de relations humaines, au point d'engendrer de dramatiques et dangereux replis sur soi. 

A titre d'exemples, voici quelques situations précises :

Jules (prénom d'emprunt) a été opéré à coeur ouvert juste avant le début de la grève ; revenu en prison, il ne bénéficie que des soins minimums ; heureusement qu'il a une forte constitution !

A partir de 15 h et jusqu'au lendemain matin, Mariette, comme deux autres mamans, est enfermée avec son fils de deux ans. Bien entendu, l'enfant ne comprend pas la situation et frappe souvent sur la porte de leur cellule. 

Essayons de vivre 24 heures enfermés dans une pièce avec notre conjoint. Multiplions les tensions par 26 et nous pouvons imaginer la difficulté de vivre dans une cellule avec un duo que nous n'avons pas nécessairement choisi. 

Kevin a vu son retour dans sa prison d'attache interrompu par la grève. Venu à la polyclinique de Lantin pour se faire soigner, il se retrouve démuni de tout alors que tous ses effets personnels l'attendent dans sa prison.

Mohamed devait passer au tribunal jeudi dernier. Il est sans nouvelle et l'inquiétude le ronge.

Jean ne peut plus poursuivre sa thérapie initiée à l'extérieur de l'établissement depuis plus de deux ans.

            Malgré cette situation pénible et indigne, nous restons admiratifs devant la dignité des personnes détenues. Certes, parfois, leur seul moyen d'exprimer leur révolte consiste à jeter des objets par les fenêtres ou à brûler leurs draps de lit. Cependant, dans leur ensemble, ils cherchent à surmonter l'épreuve le plus calmement possible, tout en se soutenant mutuellement.

            Les Directions qui, dans certains cas, assurent une permanence jour et nuit, et le personnel actif à l'intérieur de la prison restent soucieux des besoins primordiaux des détenus. Le personnel médical continue à travailler malgré toutes les difficultés. Qu'ils en soient tous vivement remerciés, d'autant que certains sont physiquement et nerveusement à bout !

            Nous comprenons et soutenons les motivations du mouvement de grève. Ainsi, le plan de rationalisation va restreindre la plage horaire des activités actuellement de 6h30-20h45 à celle de 8h00-17h00. Il y aura donc des répercussions néfastes sur la vie quotidienne des détenus et des agents. Ainsi, les prisonniers seront parfois mis devant des choix impossibles, illégaux et même anticonstitutionnels :  la sortie au préau ou la visite de la famille, les communications téléphoniques ou la participation aux cultes et activités philosophiques, la rencontre avec son avocat ou... Ces derniers auront encore moins de possibilités pour visiter leurs clients et assurer leur défense ; actuellement, à Lantin, ils viennent de préférence après 17h00 et jusqu'à la fermeture. Cette situation ne pourra que susciter des frustrations et des tensions qui se répercuteront sur le travail, déjà pénible, des agents pénitentiaires. De plus, cet horaire va instaurer dès 17h00 un régime de nuit, comme dans certaines Maisons de repos...  Enfin, les efforts en vue d'une réinsertion seront rendus plus compliqués : moins de temps et moins de personnels pour s'en occuper. Le plan individuel de réinsertion prévu par la loi de principes restera, une fois de plus, lettre morte.

            Nous gardons confiance en notre Justice et nous ne remettons pas en cause les condamnations prononcées contre les personnes incarcérées. Cependant, nous soulignons l'incohérence de la situation : l'Etat a condamné des personnes qui n'avaient pas respecté la loi alors que ce même Etat ne respecte pas ses propres normes, comme la loi de principes ! Ne nous étonnons donc pas dès lors que la récidive continue à progresser, voire le radicalisme. Albert CAMUS l'a écrit : « Une société se juge à l'état de ses prisons ». 

            Nous constatons déjà des dégâts humains dans la vie des détenus et il faudra du temps pour les réparer. Aussi, confiants dans le dialogue social, nous en appelons à la responsabilité des différentes parties pour trouver rapidement une solution. Elle ne pourra pas faire l'économie d'une réflexion de fond sur l'avenir de la peine carcérale et de la réinsertion. Nous pouvons y apporter notre expertise.

 

 

 

Liège, le 22 mai 2016

Baudouin CHARPENTIER, vicaire épiscopal

Nadine CARPAY, aumônier à Huy

Jean-Louis DEFER, Gladys FELTEN, Frédéric GRÄTZ, Xavier LAMBRECHT,

Télesphore MUNYANTWALI et Edoardo SCHEPPERS aumôniers à Lantin

Liliane LAMBERT, aumônier à Marneffe

Hervé DHERBECOURT et Jean-Pierre HUYTS, aumôniers à Paifve

 

 

20/05/2016 - Communiqué de presse du diocèse de Liège

 

Ce vendredi 20 mai, nous, les aumôneries catholiques de prisons de Lantin, de Huy, de Marneffe et de l’établissement de défense sociale à Paifve, nous nous sommes réunis. 

De par notre mission, nous sommes sensibles au respect du droit et de la dignité de chaque personne, hommes, femmes, et enfants (il y a aussi des enfants de moins de 3 ans avec leurs mamans incarcérées).

Nous reconnaissons et soutenons les revendications des agents pénitentiaires en grève.

Nous soulignons la présence des directions et du personnel, ils restent soucieux  des besoins primordiaux des détenus.

Les conditions actuelles de détention sont inhumaines et en-deçà des exigences de la loi. 

Dans ce contexte, nous mettons en évidence l’attitude digne des personnes détenues.

Cette situation ne peut plus durer. Nous appelons les responsables politiques et syndicaux à sortir rapidement de cette impasse.  

 

Les aumôniers de prison du diocèse de Liège