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        Journées nationales de la prison,      
           du 12 au 20 novembre 2016.        
          voir rubrique "événements"           
 
 
"J'étais en prison et vous m'avez visité.
Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits,
qui sont mes frères,
c'est à moi que vous l'avez fait! "
 
(En Matthieu 25,40)
 
 
 
 
 
Soyez les bienvenus sur ce site
de l'aumônerie catholique
des prisons francophones de Belgique.
Ce site est d'abord un témoignage
de ce que vivent les équipes d'aumônerie.
 
  
L'onglet "Notre charte"
reflète l'essentiel de nos convictions
à savoir que jamais un acte délictueux
ne peut enfermer la personne dans un destin
sur lequel la lumière ne se lève plus,
dans lequel l’espérance et l'amour seraient inexistants.
  
 
Cette espérance que nous portons
n'ignore pas les victimes
des actes délictueux, quels qu'ils soient.
Le regard porté sur les victimes
habite toujours le cœur de l'aumônier,
et nous l'espérons, celui de la personne détenue.
Cette conviction doit permettre à la personne détenue
de retrouver confiance en la Vie
et de croire à la tendresse et au pardon.
 

  

 
 
 
 Témoignage de Noël, détenu à la prison de Namur. 

 

  

          Voici quelques années que je te suis détenu à la prison de Namur. De toutes ses évidences, la vie communautaire n'est guère aisée.

        Les prisons sont pleines certes MAIS elles ne sont pas pleines que d'ignobles assassins, ni d'irréductibles gangsters déshumanisés. Les prisons sont pleines d'êtres humains dans toutes leurs complexités.

          Dans ce milieu de vie carcérale fait de misère affective, de détresse sociale et morale, et parfois, de défaillance physique et mentale, l'aumônier catholique - Qu'il me Soit permis de le confesser volontiers - doit se faire violence. Parfois ne pas avoir peur de plonger ses mains dans le cambouis et chercher à ramener à la lumière du jour, le joyau de la vie de l'Être humain: L'ESPOIR. Il redonne la perspective d'une nouvelle espérance possible.

           L'équipe de l'aumônerie organise régulièrement des visites dans les cellules. Elle écoute les uns avec empathie, console et réconforte les autres dans leur peine. Ceux qui sont dans le dénuement matériel parfois total, reçoivent du papier pour écrire, des bics, des crayons et autres ...  Toutes ces petites actions quotidiennes nous rendent peu à peu notre Ddgnité perdue et font renaître en nous un espoir apaisant d'une vie sociale possible.

       Alors, on se sent moins seuls, moins abandonnés, moins pauvres et moins exclus. L'action sociale et religieuse de l'aumônerie tempère la dureté de nos conditions de vie carcérales et ouvre nos consciences au poids des fautes et crimes commis, les apaisent et quelques fois, nous réconcilie avec nous-mêmes. L'équipe d'aumônerie préserve le lien infiniment social.

         Les moments que j'affectionne le plus ce sont les jeudis de culte. Moments privilégiés d'être accompagnée par l'aumônière à la guitare lors des cantiques. Elle m'a fait redécouvrir les charmes et subtilités de la chanson française.

        Ces petits moments de bonheurs comblent amplement les carences affectives induites par les longs séjours qui amenuisent nos ressources physiques et mentales.

 

                Noël, 

 



 
 
Témoignage d'un aumônier
 
           
 
Dans le casier de l'aumônerie de la prison de Namur, un document: «Pour l'aumônier. SVP Urgent  ! Je viens d'arriver là . C'est galère. Je suis seul. Je n'ai pas le moral et j'ai besoin de me confier.»
 
            J'entrouvre la porte de la cellule et demande: «Puis-je entrer? » Un homme est assis sur le bord du lit, les jambes croisées, la tête baissée, devant jsa petite TV à l'écran graisseux. Il fume et d'après l'atmosphère épaisse de sa cellule, ce ne pas doit Êêre la première cigarette de la matinée. Nous ne nous connaissons pas . Je sais qu'il se appelle X.... Cellule n ° .... un numéro, indissociable du nom, habitude de la maison.
 
Je me présente, lui tend la main. il me la serre en me remerciant d'être venu. Dans un temps de premier, nous restons debout. Face à face. Dans cet espace minuscule (approximativement 9m2) qu'est une cellule : Deux lits superposés, un matelas même le sol, une table, deux chaises, un lavabo en fer avec eau froide, un WC, peu d'intimité, une minuscule étagère et une petite armoire à la porte défoncée, une petite fenêtre barricadée accessible en grimpant sur ​​le 2 ° lit superposé. Sur le mur qui n'a plus vu de couleur depuis 50 ans: un calendrier, quelques photos de famille et des dessins d'enfants des deux autres détenus... Des traces de dentifrice ayant servi de colle et de vieilles images arrachées entre-temps. La cellule est prévue pour une personne... ils sont trois. Heureusement, ils s'entendent bien.
 
Les deux autres co-détenus sont au Préau. Lui ne sort pas , à cause des conversations au préau (drogue, braquages, Recels , règlements de compte, haine). Il a peur. Grand maigre, il a 46 ans, ... Tatouages ​​sur les torse, tenue pénitentiaire, tête rasée. Le regard est triste. «C'est la première fois ..., c'est trop dur. Ma famille me manque déjà, ma femme, ma fille.» Le regard se brouille, il avale goulûment la fumée de sa cigarette. «Vous savez c'est un accident non, je le jure ... Ce n'était pas de ma faute, je ne l'ai pas voulu ainsi...»
 
             Ce jour-là je suis resté une heure avec X.... . Son besoin de parler, de dire, de raconter, de pleurer semblait intarissable. «Monsieur l'aumônier, vous passez quand vous voulez.  Pouvez-vous m'apporter une bible? Je voudrais que vous m'en expliquiez le contenu. J'irai peut-être à la messe mais je n'en ai pas la force pour le moment. »
 
Nous nous sommes revus plusieurs fois. Sa libération conditionnelle encore lointaine. Sa réflexion est une lente remontée, cherchant dans son histoire les causes qui furent le terreau du geste fatal. «Comment est-ce que j'ai pu faire ça? Suis-je un monstre? »
 
X tué. II était ivre. Il a tué son beau-fils. Aujourd'hui la mémoire de cet acte terrifiant, est insupportable pour lui et pour sa famille. J'écoute le récit du drame, Celui de son enfance déchirée, de la violence du père, de la souffrance de la mère et puis, aussi, le récit des jours heureux.
 
 «Fernand, je suis pourri. Personne ne peut me pardonner. C'est trop ignoble. Comment d'ailleurs pourrais-je accepter le pardon des autres alors que je ne me pardonne pas à moi-même  ?  Quand j'arriverai là-haut, je vais avoir un gros paquet de comptes à rendre. C'est normal, il faut que je paie. »
 
J'accueille ce qui est dit, comme c'est dit. Suis-je la pour autre chose ?  Je suis conscient qu'une souffrance exprimée est  déjà un peu moins lourde à porter je suis convaincu que les mots trouvés pour raconter une souffrance ou un acte - si grave soit-il - peuvent aider la personne à les intégrer.
 
 
 
 
Fernand